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Amortissement LMNP par composants : méthode et exemple chiffré

Publié le 12/08/2026

« Pourquoi mon comptable amortit mon bien en quatre morceaux différents au lieu de faire un seul calcul simple ? » C'est une des questions qui revient le plus souvent chez les loueurs en meublé qui découvrent le régime réel. La réponse tient en une règle : en LMNP au réel, un bien immobilier ne s'amortit jamais en bloc. Il se décompose en composants, chacun avec sa propre durée de vie, et c'est ce détail qui change concrètement le montant que vous pouvez déduire chaque année.

Pourquoi décomposer l'amortissement

Un immeuble n'est pas un objet homogène. La toiture ne dure pas aussi longtemps que la structure du bâtiment, et les agencements intérieurs (cuisine équipée, revêtements) se renouvellent bien plus vite que le gros œuvre. Amortir l'ensemble sur une seule durée — par exemple 30 ans pour tout — sous-évalue la dépréciation réelle des éléments à courte durée de vie et, mécaniquement, réduit vos charges déductibles les premières années.

La méthode par composants répartit le prix d'acquisition entre plusieurs catégories, chacune amortie sur sa propre durée. C'est plus de calcul, mais c'est aussi plus d'amortissement déductible dans les années qui suivent l'achat — exactement quand la trésorerie compte le plus.

Les 4 composants et le terrain non amortissable

Avant toute répartition, il faut retirer la part du terrain : elle n'est jamais amortissable, puisqu'un terrain ne se déprécie pas dans le temps. La pratique généralement retenue est de considérer que le terrain représente 20 % du prix total (prix d'achat + frais de notaire), et la base amortissable se calcule donc sur les 80 % restants.

Cette base amortissable se répartit ensuite entre 4 composants :

Composant Part de la base amortissable Durée d'amortissement
Gros-œuvre 40 % 30 ans
Façades / Étanchéité 10 % 20 ans
Installations générales & techniques 25 % 15 ans
Agencements 25 % 10 ans

Le mobilier (électroménager, literie, agencements meublants) suit une logique séparée, indépendante des composants immeuble ci-dessus : il s'amortit sur une durée courte — 5 ans par défaut, à ajuster selon la nature réelle du bien (durée de vie plus longue pour un canapé, plus courte pour de l'électroménager).

Exemple chiffré complet

Prenons un appartement acheté 200 000 €, frais de notaire 15 000 € inclus, soit un coût total de 215 000 €. Mise en service le 15 avril.

Étape 1 — Retirer le terrain (20 %)
Base amortissable = 215 000 € × 80 % = 172 000 €

Étape 2 — Répartir entre les 4 composants

Composant Base Durée Dotation annuelle (année pleine)
Gros-œuvre68 800 €30 ans2 293,33 €
Façades17 200 €20 ans860,00 €
IGT43 000 €15 ans2 866,67 €
Agencements43 000 €10 ans4 300,00 €
Total172 000 €—10 320,00 €

Sur une année pleine, ce bien génère donc 10 320 € d'amortissement déductible — bien plus que les ~5 733 € qu'aurait donné un amortissement uniforme du même montant sur 30 ans (172 000 / 30).

Le prorata de la première année

La première année n'est presque jamais une année pleine : l'amortissement démarre à la date de mise en service, pas au 1er janvier. La convention généralement retenue calcule un ratio en mois décimaux (base 30 jours) : pour une mise en service le 15/04, il reste 7,5 mois utiles sur 12, soit un ratio de 0,625.

Piège classique : une mise en service au 1er janvier ne donne pas une année pleine avec cette convention (le ratio tombe autour de 0,914, pas 1,0), et une mise en service au 1er décembre donne un ratio de 0 — rien à déduire la première année civile.

Avec notre exemple (15/04, ratio 0,625), la première année donne :

ComposantDotation 1ère année (prorata)
Gros-œuvre1 433,33 €
Façades537,50 €
IGT1 791,67 €
Agencements2 687,50 €
Total6 450,00 €

Le plafonnement : l'amortissement ne peut jamais créer de déficit

Une règle propre au LMNP mérite d'être connue avant de se réjouir trop vite de ces montants : l'amortissement déductible chaque année est plafonné au résultat disponible. Si vos charges et vos amortissements dépassent vos recettes, l'excédent d'amortissement n'est pas perdu — il est reporté sur les années suivantes, sans limite de durée. Mais il ne peut jamais, à lui seul, faire apparaître ou aggraver un déficit fiscal. C'est une différence importante avec le déficit d'exploitation classique (loyers < charges hors amortissement), qui lui est reportable mais seulement pendant 10 ans — le détail des deux mécanismes fait l'objet d'un article dédié.

Pourquoi les outils grand public simplifient

Beaucoup de solutions comptables généralistes amortissent le bien en un seul bloc, ou appliquent une répartition forfaitaire approximative plutôt qu'un vrai suivi composant par composant avec son propre prorata et son propre stock de report. Sur un seul bien, l'écart reste limité. Sur plusieurs biens et plusieurs années, il se cumule — et c'est justement le calcul le plus fastidieux à refaire à la main chaque année.

C'est ce que NemoImmo calcule automatiquement : composant par composant, avec le prorata de la première année et le report d'excédent géré sans ressaisie.

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